Pourquoi est-ce si difficile d’obtenir un rendez-vous chez l’ophtalomologue ?

Alors qu’il est difficile d’obtenir un rendez-vous chez un professionnel de la peau ou de la gynécologie, il en est de même pour les yeux. Pour les patients, cela semble inadmissible. Pourtant, si l’on analyse la situation actuelle de ce métier, il est possible d’expliquer ces longs délais d’attente.

rdv ophtalmologiste

Première piste: l’allongement de la durée de vie

Tout d’abord, il faut prendre en considération le fait de l’allongement de la durée de vie de la population. De ce fait, selon l’âge, la vue baisse de plus en plus, et les personnes âgées ont besoin d’une visite annuelle, tout comme les enfants qui peuvent voir leur vision changer au cours de leur croissance. Cependant, ces délais d’attente ne sont pas présents partout. Dans le sud de la France ou en région parisienne, ils sont absents, facilitant l’accès aux soins. Il faut aussi noter que le fait que ce professionnel soit un médecin dit « en accès direct » explique cet engorgement. Il n’est pas nécessaire de passer par un généraliste pour s’y rendre. Un simple coup de téléphone, et le rendez-vous est donné.

Deuxième piste : l’ophtalmologue, un spécialiste aux multiples compétences.

L’ophtalmologue est le seul spécialiste des yeux, et les yeux sont des organes vitaux pour l’homme. Le praticien est donc là pour vous prescrire des verres correcteurs ou des lentilles, mais c’est à lui que revient aussi le droit de faire les fonds d’œil, les check-up oculaires et visuels, en prévision d’une maladie plus grave. La plupart des ophtalmologues, étant chirurgiens, ce sont eux qui pratiquent les interventions au laser pour corriger les myopies, les astigmatismes ou hypermétropies trop « coriaces ».

Troisième piste: des rendez-vous de plus en plus longs

Tous ces facteurs ne sont pas les seuls à provoquer une telle attente. Toutes les maladies des personnes âgées, comme les glaucomes, la cataracte, la dégénérescence maculaire ou autres demandent que des examens plus approfondis soient effectués. Ainsi, le rendez-vous durant plus longtemps, il ne sera pas possible, au praticien, de prendre autant de rendez-vous que lors de journées « normales », au cours desquelles les consultations seront bénignes.

Des études longues et sélectives

Parallèlement à cela, les études pour devenir ophtalmologues sont si difficiles avec, en plus, une réduction du numerus clausus à l’entrée en faculté (ou université), que les générations nouvelles ne s’engagent plus beaucoup sur cette voie. Les praticiens qui prennent leur retraite n’ont pas de relèves assurées, et leur nombre diminue très vite.

C’est ainsi que les ophtalmologues sont dans l’obligation de choisir leur activité. De ce fait, ils optent pour les consultations en cabinet ou pour l’assurance des urgences. Pour certains, concilier les deux est primordial, même si ce n’est pas toujours facile. Les traumatismes liés à la vue sont nombreux. Parmi eux, se citent particulièrement la baisse très brutale de la vue, la naissance de glaucome, les accidents du travail ou de la vie de tous les jours provoquant un éventuel décollement de la rétine, et les douleurs inflammatoires. Ces pathologies ne peuvent pas attendre. Même si les patients ont leur rendez-vous donné bien à l’avance (trois, six, neuf mois après l’appel), les urgences quotidiennes passent avant tout.

La problématique des nouveaux patients

Le plus gênant sont les rendez-vous que prennent les nouveaux clients. N’ayant pas de pathologies connues, et n’ayant pas de suivi habituel, par conséquent, les consultations ne sont fixées que très tard, pouvant aller jusqu’à un an après la demande téléphonique.

Même si toutes ces raisons ne justifient pas les longs délais d’attente, elles les expliquent tout de même…Il importe donc de s’armer de patience pour obtenir un rdv chez son spécialiste.